ARTISTE / ARTIST Perrine En Morceaux
TITRE / TITLE Rien
FORMAT Vinyle / CDs / Digital
DATE DE SORTIE / STREET DATE 8 mars 2016
REF LTN018
LABEL Lentonia Records
DISTRIBUTION FRANCE Modulor
DISTRIBUTION US / CANADA IODA


PERRINE EN MORCEAUX

Projet solo OVNI de la scène musicale française PERRINE EN MORCEAUX [PEM] mérite plus que tout autre l'étiquette de « pop expérimentale ». Ses chansons expriment de manière frontale et incarnée des textes qui résonnent avec le temps, tout en se risquant à une musique dense et hypnotique qui outrepasse avec effronterie les barrières de styles. Musicienne autodidacte et artiste pluridisciplinaire (arts visuels, performance, philosophie), elle se dit « experte en rien » et transforme ses pratiques ingénues en savoir. 
 
RIEN se présente donc comme le pur produit de sa singulière expertise, et de fait, ne ressemble à rien d'autre. Concept album d'une intensité rare dans le monde de la pop, il déploie 41 minutes épiques et ininterrompues de chansons sauvages et engagées. Loin des productions léchées qui prévalent en electro, la matérialité et la teneur organique du son inscrivent le disque dans une lignée indus-kraut (Throbbing Gristtle, Einsturzende Neubauten, Can...) allègrement mélangée avec des prod électro, des polyrythmies et des sonorités afros à la Konono n°1. Sur fond de paysages accidentés, de sons de piano déglingué ou de machines agricoles, PERRINE EN MORCEAUX scande son chant d'une voix profonde et directe qui rappelle les premiers souffles d'une Catherine Ringer ou d'une Nico. Poétesse échevelée et déterminée, elle écrit des textes en français et en anglais qui gagnent en profondeur à mesure qu'on les écoute et qui évoquent l'intelligence critique d'une Laurie Anderson.
RIEN invite à laisser de côté ses oreilles habituelles, à accepter que le temps bascule, que les mélodies et les idées procèdent par bonds, que les chansons fondent les unes dans les autres et forment un tout étrange. 
 
L'album s'ouvre sur Arbitrary signs (6'44), le titre le plus long et le plus ardu du disque qui rassemble d'entrée de jeu tous les ingrédients qui composeront la pop exigeante du disque : compositions segmentaires, cohabitation quasi-continue de boucles asynchrones mélangeant productions numériques et samples bruitistes, absence de refrain, sauts rythmiques abrupts, mélopées celtiques qui depuis de multiples perspectives parlent du temps. La dimension expérimentale de sa musique pour machines hardware (pas d'ordinateur), faite de field recording, de sampling et autres bidouilles, ne saurait décrire à elle seule la teneur hybride du disque. Au fil des morceaux, l'album creuse un sillon de plus en plus pop jusqu'à des chansons radiophoniques d'une efficacité redoutable comme "Tu vois c'que j'veux dire" (2'56) et la marche binaire et entêtante de "48h avant la révolution" (3'55). Au milieu de l'album, le morceau "Chop chop" (5'01) fait l'effet d'une respiration bien méritée dont les premiers mots semblent résumer l'ambition du disque : « Rien, rien, j'aime mieux qu'un petit peu ». RIEN est sans nul doute 'quelque chose' : un album solo D-I-Y maximaliste qui soumet le présent à l'épreuve de la chanson, et non l'inverse.  
 
PERRINE EN MORCEAUX semble toute entière engagée dans la recherche de moyens pratiques et théoriques voués à préserver l'horizon des possibles, et à nous préserver de l'encroutement du réel et des futurs préfabriqués. Certains de ses projet n'ont encore jamais été édités, comme BE AS IT MAY, une conférence-concert où elle propose en chansons l'analyse d'un tableau de Malévitch et ses répercutions possibles sur notre compréhension de l'œuvre tardive du peintre. Ce travail devrait donner lieu à l'enregistrement d'un album et à l'écriture d'un livre. Elle travaille également à l'écriture d'un livre de philosophie pour enfants et co-organise le Performing Arts Forum, lieu de résidence, pour artistes, théoriciens et activistes à St-Erme. 
PEM compte parmi ces artistes pour qui la chanson est un objet de recherche, et la scène une zone de mise à nue. Rubin Steiner voit juste lorsqu'il écrit : « Un pied dans la musique "innovante", et un autre dans l'art contemporain, PERRINE EN MORCEAUX semble vouloir prendre la suite – et on adhère à 100% – de cette famille de musiciens extrême(ment) singuliers qui inventent de nouvelles formes et sont clairement tournés vers le futur, quitte à tourner le dos aux formats en vogue. (...) Riot girl. »

Perrine en morceaux est soutenue par La Souterraine.
La MOSTLA tape "Perrine en français" a vu le jour en avril 2016
 




EXTRAITS DE PRESSE

"Un épuisement des sens réjouissant pour qui accepte de sortir un instant de la formule classique du concert. Cette musique rejoint directement les rangs des concerts-expériences pensés par la vague indus des années 80 (Throbbing Gristle, bien sûr, Nurse With Wound, jamais bien loin), puis les chansons conceptuelles de Laurie Anderson et le travail plus récent de l'Argentine Juana Molina."
Libération - C.Losson, G.Renault, S.Fane

"Perrine en morceaux (de bravoure) n'a que faire de l'étiquette "musique expérimentale" qu'elle risque de se faire coudre au revers du col : sa seule présence sur scène suffit à tomber sous le charme et accepter de se faire (un peu) brutaliser, entre deux caresses et une poésie de la mise à nu."
Fred Landier aka Rubin Steiner

Proche de l'expérience bruitiste, sa musique n'est pas à mettre dans les oreilles les plus fragiles. Rien est un solo défrisant, Perrine y secoue sa crinière blonde, avec autant d'intensité et de cran qu'elle donne de sa voix mélodieuse et balance sa musique.
Mouvement.net - M. Estimbre

Cherchez pas, vous n'avez jamais entendu ça. Le seul rapprochement possible serait le son de voix de Sinéad O'Connor. Ou de Bjork. Et leur rebel-attitude peut-être aussi. Et encore. Cette Perrine-là est perchée sur une galaxie encore non explorée.
Longueur d'Ondes - S. Beyer